Comment va le centre-ville ?

Même ceux qui ne les fréquentent pas les plébiscitent ! Les commerces de proximité, ce sont des services près de chez soi, des entreprises dont on apprécie le travail et les produits. Bien au-delà, c’est la vie d’une commune, son attractivité et le plaisir que l’on a d’y vivre. Profondément en crise dans toute la France, comment les commerces de centre-ville résistent-ils à Saint-André ? Rencontre avec Stéphane Clavel, le nouveau président du Club des Pros .

Comment va le centre-ville ?

Au café du commerce et pas seulement, on entend fréquemment que le centre-ville meurt, voire pour certains, qu’il est déjà mort.

Des rideaux fermés, des boutiques vides, difficile de savoir exactement combien d’entreprises ferment chaque année dans le centre-ville. Ce que l’on constate facilement en revanche c’est que beaucoup déménagent !

De bas en haut, le dépôt de pain a quitté la rue du commandant Cousteau pour ouvrir une nouvelle boutique sur la place du champ de foire, la pharmacie Issard s’est installée au rond-point Cousteau, Guy Lafond (matériel de couture) à la Barotte, la fleuriste rue Dantagnan et le bar à ongles près de la Poste.

« Le bas de la rue Nationale a souffert de la mise à sens unique, constate Stéphane Clavel. De nouveaux commerces, le restaurant franco-japonais déjà ouvert et bientôt le bureau de tabac et l’épicerie vrac dans la rue du commandant Cousteau, pourraient inverser la tendance. En attendant le haut de la rue Nationale, les allées Clémenceau, le champ de foire et la rue Dantagnan deviennent des endroits stratégiques pour profiter des flux. »

Tout à fait visible, aussi, le succès, notamment le midi, de tous les nouveaux restaurants du "grand" centre-ville, du Café de la Gare, à la Villa Mondenard en passant par Ici Sushi, la Table d’Inomoto, la brasserie de l’hôtel de ville, le hamburger et la pizzéria.

« Nous sommes convaincus du potentiel de Saint-André, souligne Stéphane Clavel et espérons l’amplifier en créant un guide de toutes les entreprises de la commune. Notre ambition est de convaincre nos concitoyens qu’ils peuvent trouver près de chez eux tout ce dont ils ont besoin avec, en prime, la convivialité d’une relation humaine et la satisfaction de faire travailler un entrepreneur local. »

 

La désertification des centres villes, un phénomène national

L’état des lieux, commandé en février par le ministère du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité et par le secrétariat d’Etat au commerce, à l’artisanat, à la consommation et à l’économie sociale et solidaire, est assez alarmiste.

« Avec un taux moyen de vacance commerciale dans les centres des villes moyennes qui dépasse les 10 % en 2015, en augmentation sur les dix dernières années, la dévitalisation commerciale de nombreux centres villes en France se confirme », constate le document.

Sur près de 190 centres villes, le taux de vacance moyen, qui mesure la part des locaux commerciaux qui ne trouvent pas preneur à la location, est passé de 6,1 % en 2001 à 10,4 % en 2015. En cause : l’accessibilité des centres villes, le prix des loyers, la concurrence du commerce en ligne et celle des grandes surfaces. Le gouvernement va débloquer une enveloppe de 1 million d’euros pour financer les stratégies de développement urbain.

Intermarché quittera-t-il le centre-ville ?

 

Ce n’est un secret pour personne : comme Bricomarché et Roady, l'exploitant de l'Intermarché de Saint-André est très attiré par l'écoparc de la ZAC d’Aquitaine où ImmoMousquetaire (société immobilière propriétaire de plusieurs enseignes dont Intermarché, Bricomarché et Roady) lui cèderait quelques hectares.

Raison invoquée : si ce n’est pas moi, ce sera un autre, alors autant que ce soit moi qui en tire profit.

Pour la commune, s’est insurgée Célia Monseigne, « Il est inenvisageable de laisser partir un commerce alimentaire de proximité qui répond à la fois aux besoins de proximité des Cubzaguais qui n’ont pas de véhicule pour se déplacer et à un enjeu de dynamique locale. Saint-André a besoin d'avoir un cœur de ville qui bat. »

La proposition de la Mairie

 

ImmoMousquetaire souhaite protéger son avenir en installant une nouvelle surface alimentaire sur un carrefour attractif.

La Ville souhaite préserver la dynamique du centre-ville autour d'une enseigne alimentaire.

« Choisissant d’anticiper la dévitalisation de fait du site de La Fontaine, nous avons proposé un contrat au groupe ImmoMousquetaire, explique Célia Monseigne. Nous n’accepterons leur projet de délocalisation sur la ZAC qu'à la condition de préserver une surface alimentaire sur le site et de pouvoir maîtriser le foncier pour engager un projet de réaménagement. Nous sommes aujourd'hui dans cette discussion dans une volonté d'un pacte gagnant/gagnant et commençons à engager un certain nombre de démarches pour imaginer le centre-ville de demain et réinstaller de nouveaux commerces ou services sur ce site stratégique. »

 

A savoir

A compter du 1er janvier 2017, la CdC est dotée par la loi d’une compétence économique plus large puisqu’elle inclut désormais la politique locale du commerce et au soutien aux activités commerciales d’intérêt communautaire notamment dans la ville centre.

Directement concernée, Saint-André pourrait bénéficier d’un appui communautaire pour pérenniser le commerce de centre-ville.