Hommage à Georges Séguy

Une grande figure du syndicalisme français a disparu pendant la période estivale. Alain Michaux, membre de notre association et ancien élu communiste dans notre ville, a souhaité rendre hommage à Georges Séguy en nous révélant aussi une part méconnue de sa vie : sa jeunesse dans la Résistance.

Le 13 août 2016, Georges Séguy est décédé à l’âge de 89 ans. Il est surtout connu pour sa responsabilité, de 1967 à 1982, de Secrétaire Général de la CGT, première organisation syndicale en France, pour son implication dans le mouvement social en 1968, lors des accords de Grenelle et des avancées sociales qui furent obtenues (augmentation du SMIG de 35% entre autres...). Profondément attaché à l’unité syndicale et à son indépendance, il considère que le syndicalisme a un rôle spécifique et unique dans la société et déclare que les décisions qui concernent la CGT doivent se prendre dans la CGT.

 

Mais c’est aussi l’autre aspect de la personnalité de cet homme qu’il faut honorer.

 

Né en 1927 à Toulouse, Georges Séguy n’aura cessé de combattre. Déjà à 7 ans il ‘’sèche’’ l’école pour obtenir la libération de son instituteur arrêté après une manifestation. A 14 ans, il participe, avec les Jeunesses Communistes à des actions de résistance. En 1942, agent de liaison de la Résistance toulousaine, il travaille dans une imprimerie qui produit clandestinement des tracts, des faux papiers et des journaux de la Résistance dont la parution est illégale. Dénoncé, il est arrêté le 4 février 1944 par la Gestapo. Déporté à Mauthausen en Autriche, il participe au sabotage de la production de guerre. Après la libération du camp en avril 1945 et son retour à Toulouse, Georges Séguy, affaibli, décide de poursuivre la lutte « pour l’édification d’un monde nouveau, libre et juste pour tous ». D’où son combat pour l’émancipation de la classe ouvrière et son engagement à la CGT et au Parti Communiste Français.

 

Au-delà de cette personnalité Il faut rendre hommage à ces adolescents qui s’engagèrent dans la lutte contre l’occupant nazi (Guy Moquet, Henri Krasucki , membres du groupe Manouchian et d’autres...). Porteuse de valeurs humanistes et de droits émancipateurs, la vie de Georges Séguy devrait servir d’exemple à tous les hommes et femmes épris de liberté dans cette période où la tendance au repli sur soi domine.

 

« Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager » déclarait-il en mars 2013, à la tribune du 50e congrès de la CGT à TOULOUSE.

Alain Michaux