Le retour du Grand Contournement...

Et revoilà l'idée de construire « un aspirateur à camions » surnom que le collectif Bordeaux Incontournable donnait à ce funeste projet d'un grand contournement de Bordeaux par l'ouest avec un pont sur l'estuaire ! Décidément, plus les recettes sont mauvaises, plus elles servent !

Marie-Antoinette Paris, présidente de « Demain St-André », active partisane du contournement se targued’être aujourd'hui rejointe par d’autres personnalités politiques locales ou départementales (voir l’article de SO du 30 janvier 2015) .

 

Rappelons l'histoire :

 

Le projet de Grand Contournement de Bordeaux (GCB) a fait l'objet dans les décennies passées de plusieurs versions, qui ont toutes en commun la perspective d'un franchissement de l'estuaire girondin en aval de Bordeaux.

Mais à la fin de l'été 2003, le dossier se concrétise et le projet d'un Grand Contournement de Bordeaux est mis au débat public. 3 mois après la mise en place de la Commission du débat public, au mépris de la démocratie, le ministère annonce que le contournement se fera par l'ouest (carte mai 2006). La commission du débat démissionne et l’indignation monte sur les deux rives. Rive gauche, de prestigieux châteaux brandissent l'emblème d'une grappe de raisin écrasée, gravement sous-titré : "Margaux dévasté par une autoroute ?"

Rive droite des associations citoyennes se forment entre Bourg, Saint-Savin, Saint-André-de-Cubzac et la presqu'île d'Ambes.

 

Selon les scénarios envisagés, le contournement ferait de 82 à 104 kilomètres et coûterait autour d'1,7 milliard d'euros.

Un contournement avec quel pont!

Si le passage se faisait au plus près de Bordeaux, à la jonction de la N10 et de l'A10 à hauteur de Saint-André-de-Cubzac , l'ouvrage ferait 15 kilomètres. Une longueur quasi inédite sur la planète (dans l'Aveyron, le viaduc de Millau ne mesure que 2 460 mètres), permettant de survoler deux affluents et de larges zones inondables.

 Si l'option de Blaye est retenue, ce ne serait plus qu'une balafre de 5 kilomètres, entre trois forteresses de Vauban et des îles à l'équilibre fragile    

Fin 2006, c'est le tracé 1bis qui est sélectionné (Un tracé qui à l'avantage de s'appuyer sur des infrastructures existantes (A10, RN10) et de traverser un territoire urbanisé -- d'accord -- mais sans grands crus classés : le CUBZAGUAIS !

Sur notre commune, la nouvelle autoroute arriverait de Virsac, traverserait La Garosse, Bois-Milon, le Six pour monter à Cubzac par la propriété Quancard...

La mobilisation est énorme dans le Cubzaguais, comme dans le canton de Saint-Savin, sur la presqu'île et Parempuyre.

Une année d'actions collectives et citoyennes pour éviter une saignée supplémentaire sur notre commune déjà impactée lourdement par la LGV.

En 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République, Jean-Louis Borloo devient ministre de l'Environnement et le Grenelle de l'Environnement est lancé. Le grand contournement de Bordeaux vient empoisonner les débats du Grenelle.

Le président de la Région (Alain Rousset) d'abord, puis la CUB renoncent au projet.

Le 4 juin 2008, le ministre Borloo annonce que le projet d'un grand contournement autoroutier de Bordeaux est enterré : il faut impérativement trouver des alternatives au « tout routier », déclare t-il.

Nous sommes en 2015 :

 Alors qu'aux assises de l'Energie qui se tenaient à Bordeaux le 27 janvier, les élus locaux remettaient à Ségolène Royal leurs engagements pour le climat, d'autres élus se singularisaient en exhumant le projet du contournement autoroutier de Bordeaux !


 

Le tracé 1 bis n’a jamais quitté les tiroirs de la Direction de l’Equipement, et les Cubzaguais doivent comprendre que si d’aventure la question d’un contournement de Bordeaux revenait sur les tablettes du ministère, il aurait toutes les chances de passer au milieu de Saint-André-de-Cubzac !

Que "Demain St-André" et ceux qui revendiquent une nouvelle infrastructure aillent jusqu’au bout de leur opinion et qu’ils nous disent où passera cette nouvelle autoroute !