Zéro phyto mais pas seulement !    

Le Conseil municipal vient de voter la mise en place d’un programme de gestion différenciée des espaces verts à Saint-André. Au nom de la santé publique et du respect de l’environnement, la gestion différenciée s’inscrit dans une approche de développement durable : elle consiste à pratiquer un entretien adapté des espaces publics selon leurs caractéristiques et leurs usages.

Pourquoi la gestion différenciée ?

> Des enjeux environnementaux :

- Préserver la biodiversité tant remarquable qu’ordinaire à l’heure où l’érosion de la biodiversité s’est très fortement accélérée à un rythme de 100 à 1000 fois supérieur à celui  de l’extinction naturelle.

- Limiter les pollutions, notamment celles liés aux produits phytosanitaires (plus de 50 % des cours d’eau français sont contaminés par les pesticides).

- Gérer les ressources en eau et adopter des pratiques plus économes, notamment en matière d’arrosage.

 

> Des enjeux sociaux et culturels :

- Les parcs et jardins sont devenus indissociables des attentes des Français en matière d’aménagement urbain.

- le partage de l’espace, le respect des différents usagers

 

> Des enjeux économiques

De façon plus pragmatique, les collectivités doivent faire face à l’augmentation des charges de fonctionnement et doivent optimiser moyens humains et  matériels.

 

Concrètement, la gestion différenciée est une méthode d’entretien des espaces verts qui suppose d’adapter l’entretien à chaque espace, de tenir compte de l’environnement pour concevoir une nouvelle génération de jardins plus écologiques, de favoriser la diversité biologique en ville, c’est-à-dire d’y laisser revenir prédateurs naturels, insectes et espaces naturels….

Objectif : “zéro phyto” à Saint-André de Cubzac.

Irritation de la peau, des yeux ou des voies respiratoires, troubles digestifs ou nerveux, stérilité, cancers, voire décès pour les hommes, les produits phytosanitaires menacent aussi leur environnement. Le projet de loi relatif à la Transition énergétique pour la croissance verte accélère l'interdiction totale de produits phytosanitaires (toxiques) dans les espaces verts publics. Elle devra être effective au 31 décembre 2016.

 

Zéro phyto ? L’objectif est ambitieux et consensuel. Paradoxalement, la démarche est souvent mal acceptée. Dans les communes qui l’ont adoptée, certains citoyens viennent témoigner de leur mécontentement : des trottoirs qui laissent passer des brins d’herbe ! Des prairies fleuries mais pas fauchées !  Sans parler du cimetière qui cristallise souvent les récriminations … Et pourtant, même dans les cimetières, le zéro phyto fonctionne déjà grâce à de nouvelles pratiques paysagères : carrés végétalisés, massifs d’arbustes dans les zones non piétinées, et vivaces couvre-sol pour les entourages de tombes.

 

Pour être acceptée, la gestion différenciée doit donc être expliquée ! C’est avant tout une démarche culturelle qui demande beaucoup de communication vers les équipes qui la mettent en place puisqu’elle touche aux habitudes d’entretien, à l’utilisation de nouveaux matériels, à l’évolution de certains métiers mais aussi vers les utilisateurs, habitants et usagers pour qui un espace plus naturel est souvent synonyme d’espace « abandonné ».

 

Ils pratiquent la gestion différenciée de leurs espaces verts : Strasbourg, Rennes, Angers, Lille, Bourges, Orléans, Grenoble, Annecy et Bordeaux.