LGV : Des nuisances qui exaspèrent les riverains

Le 17 juin dernier, les riverains du chantier LGV, réunis à l’initiative de la mairie, ont pu exprimer leur point de vue auprès de COSEA et du représentant du Conseil Général. Suite à cette réunion où l’on a bien senti leur exaspération, S2A a interrogé le Maire Célia Monseigne : la LGV n’apporte-t-elle que des nuisances aux habitants des communes impactées ? Et quel est le pouvoir des maires concernés ?

Le 17 juin dernier, en présence de Jean-Jacques Paris, vice-Président du Conseil Général en charge des Infrastructures et de la Sécurité Routière et de représentants de Coséa, la Mairie organisait une réunion avec les riverains du chantier LGV. Le point sur les 2 zones qui font débat : la route de Salignac et le chemin de Mailhos.

 

Route de Salignac

 

Le plan de rétablissement prévoit un carrefour en T. Pour les riverains qui réclament un rond-point, cette proposition n’est pas satisfaisante. Elle va créer différents zone de conflits d’usage (danger de la traversée, temps d’attente pour la traversée, rupture de la liaison cycles).

 

Il leur est répondu que des opérations régulières de comptage seront réalisées dès la mise en service de la nouvelle voie. S’il apparaît que ce raccordement est une zone à risque, le Conseil Général prendra toutes les dispositions pour sécuriser les traversées et pour fluidifier la circulation. Qui financera ces équipements à postériori ? Le Conseil Général indique qu’il se réserve le droit de renégocier avec COSEA la convention qu’ils ont signée pour définir le plan de financement d’équipements qui auraient été sous-estimés.

A quand la fermeture de la route de Salignac ?

Il apparaît d’ores et déjà que le planning de fermeture de la route de Salignac et la mise en service de la passerelle ne sont pas compatibles. En effet, les vélos et les piétons qui veulent se rendre au Collège, entre septembre 2014 et mai 2015, seraient obligés, dans l’attente de l’ouverture de la passerelle, de faire un détour de plusieurs kilomètres via le centre commercial de la Garosse et sur des axes non dotés de pistes cyclables. Une situation inconcevable pour Célia Monseigne qui indique qu’elle s’opposera à la fermeture de la route de Salignac tant qu’une solution ne sera pas trouvée.

 

Chemin de Mailhos

 

En raison du redimensionnement de la sortie 40 B de l’autoroute, il est nécessaire de fermer le carrefour chemin de Gastineau/ Route de Libourne. Les riverains seront donc amenés à traverser au niveau du Chemin de Mailhos. Plusieurs habitants du quartier et notamment des exploitants viticoles indiquent que cette solution est trop dangereuse en l’état. Il est nécessaire de prévoir un aménagement de sécurité à ce carrefour. Il est proposé par COSEA et le CG le redimensionnement du Chemin de Mailhos au niveau du carrefour pour permettre une meilleure giration et pour accentuer la visibilité.

 

Cette situation devient urgente pour Mme le Maire et, sur cette problématique, elle s’opposera également à la fermeture du chemin de Gastineau qui en l’état est sans doute plus sécurisant pour les riverains. Elle est intervenue récemment par courrier auprès du Président du Conseil Général pour demander une limitation de la vitesse à 70 km/h.

Le village de Seignan, au cœur du chantier…

 

Les habitants demandent que l’entrée du vieux hameau soit reprise suite au passage de nombreux engins. Cette demande qui a déjà été traitée sera prise en compte par COSEA.

 

Le vice-Président du Conseil Général insiste également auprès de COSEA pour que les voiries de ce quartier puissent être remises en état à l’issue du chantier en compensation des nuisances engendrées. Cette nouvelle demande devrait être étudiée par la direction de COSEA.

Nuisances : quelle réparation pour la commune ?

 

Une infrastructure imposée, des nuisances dues au chantier et bientôt au passage des trains, de quelle marge de manœuvre dispose la Municipalité pour faire entendre la voix des habitants ? Quelles compensations peut-elle négocier pour la commune ? S2A a interrogé Célia Monseigne, maire de Saint-André.

 

-Les maires des communes impactées ont-ils leur mot à dire ?

Les maires des communes impactées ont toujours eu la possibilité de s’exprimer sur le projet depuis 2003. Ça ne veut pas dire qu’ils ont été entendus… Le dossier LGV est complexe et très technique. On a changé d’interlocuteur entre le moment où on a négocié les engagements de l’Etat et communaux et la mise en œuvre du chantier (RFF d’abord, le groupe COSEA ensuite). On nous apporte des plans que seuls des techniciens des Ponts et Chaussées peuvent lire, on « saucissonne « l’information pour l’obscurcir…  On a la nette impression de toujours avoir un train de retard ! C’est un sentiment très désagréable,  d’autant qu’il s’accompagne d’une inquiétude sur le nouveau réseau de circulation et sur les nuisances sonores.

Malgré tout, nous sommes très vigilants sur le respect des engagements pris, sur les nuisances du chantier, sur la qualité des ouvrages de rétablissement. Nous avons des contacts permanents avec COSEA , l’Etat et le Conseil Général, ces deux derniers étant associés au projet LGV.

 

-Y a-t-il eu des compensations ?

Les communes impactées ont accès à une compensation financière : Fond de Solidarité Territoriale. Le FST est proportionnel aux surfaces traversées et aux dommages urbains causés. Pour la commune de St-André, le montant du FST s’élève à 1,1 million d’euros.

Nous avons obtenu de haute lutte, le maintien de la sortie 40a avec la création d’un ouvrage complémentaire pour déplacer le trafic qui circule aujourd’hui sur l’avenue Montaigne, notamment les convois exceptionnels.

Pour le reste, c'est-à-dire l’obtention d’aménagements qui ne figuraient pas précisément dans les engagements de l’Etat ou les engagements communaux, je considère qu’il s’agit d’un « droit à réparation » :

C’est le cas de l’aménagement du nouveau carrefour entre la RD248 (route de Salignac) et la nouvelle Départementale D10 ;

C’est  le cas du carrefour entre le chemin de Mailhos et la RD 670 (route de Libourne).

C’est aussi le cas de la création de merlons paysagers protégeant du bruit sur toute la zone entre l’aire de l’Estalot et Seignan, ou de protection complémentaire pour les habitants, passage de l’Europe.

 

-Comprenez-vous l’exaspération des citoyens ?

Je la comprends d’autant plus que je la partage comme je partage leur indignation devant le mépris qu’ils subissent.

Nous n’avons jamais réclamé le passage de la LGV sur notre commune. Cette infrastructure d’intérêt européen, va fracturer la ville et occasionner des nuisances supplémentaires. Il me semble qu’on est en droit d’attendre un peu plus de respect et surtout comme je l’ai déjà exprimé « un droit à réparation ». C’est cela qu’expriment les Cubzaguais impactés et c’est le sentiment d’être quantité négligeable qui les exaspère.

 

-Quels pouvoirs avez-vous de faire changer certaines décisions ?

Notre pouvoir est mince, mais nous allons l’utiliser : celui de ne pas accompagner le bon déroulement du chantier pour exercer une pression sur les décideurs.

Nous sommes convaincus que les expertises sur lesquelles s’appuient les schémas de rétablissements de circulation route de Salignac et route de Libourne sont incomplètes. Les aménagements proposés ne garantissent pas la sécurité des usagers, et les prévisions de flux nous paraissent erronées.

Nous allons essayer de démontrer que notre « expertise d’usage » vaut autant que celle des modèles mathématiques, et nous mettrons les acteurs de ce dossier devant leurs responsabilités.